Au sommet du chemin, il y avait la chapelle à l’époque. Un cimetière partait d’en haut et descendait jusqu’en bas, jusqu’à la Villa Rose. D’ailleurs quand Monsieur Rinaudo a creusé pour les fondations de sa maison, il a trouvé des ossements.
Le quartier était calme. C’était magnifique. On se connaissait tous jusqu’au boulevard d’Alsace. Tout le monde se saluait.
Le Balmoral était un hôtel. Il y avait le peintre Bellini, un Amiral, un Adjoint aux finances de la Ville…
Ce n’était que des grandes familles cannoises. Dans les villas alentours, il y avait le jardinier, le gardien…
Nos enfants faisaient du vélo dans l’allée de l’hôtel Alsace Lorraine. Maintenant on interdit tout et on met des barrières.
En bas, il y avait la passerelle du chemin de fer au même endroit que le passage sous-terrain aujourd’hui. Il fallait monter un escalier d’une trentaine de marches. Les planches étaient en bois et les talons se coinçaient régulièrement entre les planches.
Le quartier était un village. On était en famille. Chacun se connaissait et on s’entraidait. C’était une vie différente. Je suis contente d’avoir eu cette vie là ».