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SOUVENIR D'HABITANT
« Je suis né en 1958 à la Clinique Saint-Nicolas. J’ai habité rue Haddad-Simon avec mes Parents et mes Grands-parents jusqu’à mes 17 ans. Mon grand-père tenait un bar rue Haddad-Simon. Ensuite il est devenu plombier-chauffagiste et c’est mon père qui a repris son atelier rue Merle.
Rue Haddad-Simon, il y avait une épicerie, deux boulangeries, un marchand de vin qui faisait ses mises en bouteille en bas de l’immeuble avec les camions qui livraient.
Les livreurs de charbon venaient déverser les sacs avec les boulets de charbon dans les caves des immeubles. Avec mon frère on descendait dans la cave avec le seau à charbon pour remonter de quoi alimenter la cuisinière de ma grand-mère.
Rue Merle, il y avait des vaches dans des étables couvertes, des chevaux et des cochons.
1938 - rue Haddad Simon
Tous les matins, les gens du quartier allaient avec leur bidon chercher le lait.
Une fois, une vache a traversé la rue en face de l’atelier de mon père. Elle est tombée dans un fossé creusé pour réparer une canalisation. C’était l’attroupement. Il a fallu appeler les pompiers pour sortir la vache.

Il y avait aussi le ressemeleur, le marchand d’olives sur le trottoir et des commerçants ambulants ce qui est difficile à imaginer maintenant. C’était l’époque où les vitriers passaient avec leurs chariots et leurs vitres. J’entendais hurler dans la rue « viiiiiiitrieeeeeeeers ». Je devais avoir 8-10 ans. Ça fait un peu moyen âge mais ce n’est pas si loin.

Le soir, l’été, les gens sortaient une chaise devant les immeubles ou les commerces. On s’asseyait avec sa chaise sur le trottoir, on discutait, on jouait aux cartes. Tout le monde avait sa chaise dehors.

La voie ferrée a toujours délimité le côté rue d’Antibes/Croisette et le reste de la population du quartier. Quand j’étais petit, la voie ferrée n’était pas encore couverte. Pour aller au marché Gambetta, on attendait au passage à niveau, le train passait, la barrière se levait et on traversait. Mais avec la voie rapide aujourd’hui, c’est carrément un barrage.

La vie était complètement différente. Les gens se retrouvaient au marché place Commandant Maria, dans les bars ou dans les commerces. C’était des liens sociaux. Chacun avait ses habitudes. C’était une vie de village dans le quartier. Tout le monde se connaissait. Tu connaissais un peu la vie de tout le monde et ça c’était rigolo ».
Extrait du témoignage de M. Gilles Mangiantini - Photo de son Grand-père M. Marius Fracchia

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dernière Mise à Jour : 14/12/2010